foto Alessandra Catenacci

A la découverte de l’Italie: eau, forêts et sites archéologiques 2:

L’eau (deuxième partie): Italie Centrale

LES CASCADES DE DIOSILLA (VT) (Latium)

L’Histoire de Diosilla

A côté de l’ancienne Monterano ville fantôme d’origine étrusque non loin de Rome, se trouve une rivière et une cascade dont la couleur étonnante a donné origine à une histoire délicate et romantique.

La légende raconte que la couleur rougeâtre des rochers de cette cascade était autrefois due aux pleurs d’une jeune fille, qui, attristée par la mort au combat de son chevalier bien-aimé, pleura tellement qu’elle mouilla ses splendides cheveux roux, et ainsi, le lit de cette rivière prît la couleur de ses cheveux.

Au delà de la légende, cette couleur caractéristique est déterminée par la rencontre d’un affleurement d’une coulée pyroclastique (dit « Tuf rouge avec scories noires ») qui rend l’eau de couleur rougeâtre.

Une immersion dans la Nature et l’archéologie

Dans ce fond de vallée pousse une végétation luxuriante typique du climat frais et humide avec des fougères et des mousses rares.

foto Alessandra Catenacci
Cascades de Diosilla Monterano réserve naturelle et parc archéologique crédit: Alessandra Catenacci

Si d’un point de vue naturaliste cette endroit est l’un des plus fascinants et intacts de tout le Latium, c’est surtout du point de vue archéologique qu’il nous réserve des surprises inattendues.

En effet, il suffit de parcourir un sentier dans les environs, pour se retrouver subitement à l’époque étrusque comme en témoignent les nombreuses tombes disséminées au sein de la réserve et des sortes de canyons appelés “tagliate”, des voies étrusques taillées dans le tuf.

Monterano Tagliata Etrusque : source wikipedia; crédit: carlomorino

D’autre part, le nom même de Monterano semble dériver de celui de la déesse étrusque Manturna, épouse du dieu des enfers et associée aux phénomènes volcaniques, ici très présents comme le témoignent aussi les eaux sulfureuses des cours d’eau de la zone.

Le nom fut latinisé par la suite en Mantura d’où Manturanum (forme latine de Monterano).

Continuons cette promenade dans le temps

Après les Etrusques, Monterano fut conquise par les Romains; ensuite, en plein Moyen Age, devint propriété de familles nobles locales, telles que les Anguillara, les Colonna et enfin à partir du 1492 les Orsini.

A partir de cette date la ville connut une phase de développement économique et de croissance démographique sans précédent.

Cependant, au cours du XVIIIe siècle, Monterano entame un lent et inexorable déclin, pour se dépeupler complètement entre 1799 et 1800, suite aux pillages perpétrés par les troupes napoléoniennes, stationnées sur les Monts de la Tolfa tout proches.

Monterano et le cinéma

Ce n’est pas par hasard donc, que ce lieu si pittoresque aie été choisi comme décor pour de nombreux réalisateurs, italiens et non, tels que William Wyler (qui a tourné ici des scènes de Ben Hur du 1959) Pier Paolo Pasolini ( qui a réalisé ici quelques passage de « L’Évangile selon Matthieu » du 1970) , Mario Monicelli (qui a tourné l’une des scènes les plus célèbres de « Il Marchese del Grillo » du 1982), sans oublier que l’aqueduc et le palais ducal de Monterano apparaissent également dans « Lady Hawke » de Richard Donner (1985).

Comme déjà évoqué dans la publication précédente é pour le tournage de ce film-cult interprété par Michelle Pfeiffer, le réalisateur a aussi utilisé comme décor une autre localité du centre d’Italie : Rocca Calascio.

(à suivre)

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